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Papiers de contribution - Mali ! Les obscures motivations françaises !

Papier de contribution pour la réflexion de La Gauche suisse sur le conflit malien

Frédéric Charpié – Secrétaire national – Le 21 janvier 2013

 

Mali, le MNLA devrait recevoir l’appui de la France et de la communauté internationale, et primer sur les forces de la CEDEAO dans la résolution du conflit malien, mais la France est surtout venue au Mali pour préserver et développer ses propres petites affaires !

 

En ayant choisi de se lancer dans un conflit armé au Mali, une fois les rebelles intégristes mis hors d’état de nuire, la France devra tout faire pour favoriser l’autodétermination du peuple malien et la mise en place d’un futur processus démocratique, et notamment en collaborant étroitement avec le mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), seul gage d’un processus de paix pouvant à terme résoudre un conflit Touareg vieux de plus de 30 ans. Mais tout ça n’est actuellement pas en bonne voie, bien au contraire ! Hollande débarquant au Mali a tout du colon calculateur qui veut exploiter le sol malien avant toute autre chose, avec de claires visées sur le potentiel minier du pays, et particulièrement sur l’uranium se trouvant dans la région de Faléa. Partant, la Suisse doit tout entreprendre pour accélérer et promouvoir une médiation la plus rapide et la plus forte possible avec le MNLA.

 

Mali, le difficile progrès de la démocratie :

 

Bamako, le 26 mars 1991, Moussa Traoré se fait renverser après 22 ans de dictature, ayant préféré la fermeté totalitaire plutôt que de laisser s’exprimer la voix du multipartisme. Les répressions sanglantes que Traoré a commandées lors des marches pacifiques des 21 et 22 janvier 1991 furent le déclencheur du coup d’état qui précipita la chute de sa présidence, et qui le condamna à mort au procès qui suivi. Présent à Bamako en mars 1991, je qualifierais ce coup d’Etat comme relativement «doux» en comparaison à d’autres soulèvements en Afrique.

 

Après 1991, on peut parler d’une relative stabilité au Mali, et notamment grâce à l’élection du président Amadou Toumani Touré en 1992, réélu en 1997, des élections qualifiées par ses opposants de truquées, mais pas à une échelle pouvant objectivement remettre en cause la légitimité de ce nouveau président, reconnu par la communauté internationale. Au Mali, comme dans de nombreux autres pays africains, on peut affirmer que la richesse du sol ne sert largement pas le peuple et son développement, mais bien les actionnaires des compagnies étrangères qui l’exploitent, avec dans tous les cas la complicité très intéressée du gouvernement en place.

 

Dans les faits, Amadou Toumani Touré dirige le Mali de 1992 à 2012 et arrive à le maintenir dans un climat de relative paix générale, on pourrait situer son «curseur de corruption», du point de vue du marchandage des richesses de son sol, relativement central par rapport à la moyenne des pays africains. Le seul mouvement contestant ses agissements et le délaissement de la population malienne, et menaçant le pouvoir de prendre la partie Nord du pays est le mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), un mouvement autochtone luttant pour l’indépendance du sud du Mali, et autoproclamé laïque. Depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012, une équipe de cupides militaires, bien pire que celle de l’ancien président, tient le pays, et le président Amadou Toumani s’est réfugié à Dakar. Partant, il serait fort utile que la France, qui ne cesse de parler de «la demande d’aide officielle des autorités maliennes», précise bien de quelles autorités il s’agit, soit une bande de putschistes non élus sous les ordre du capitaine Sanogo, un groupe illégitime n’ayant d’ailleurs agendé aucune élection pour appuyer sa légitimité depuis sa prise de pouvoir.

 

Le processus démocratique au Mali est globalement dans une avancée médiocre par rapport à d’autres pays, citons en exemple pour l’Afrique de l’Ouest le Sénégal, et ce récent coup d’état fait encore reculer ce processus. La corruption qui règne au Mali permet difficilement une mobilisation efficace et unie des maliens pour lutter contre l’intégrisme des différents groupes islamistes qui gangrènent le pays depuis le Nord. Il y a donc clairement un lien de cause à effet entre la lutte inefficace des populations autochtones contre les groupes islamistes et le manque d’avancées démocratiques pour les régions concernées. Il s’agirait donc ici pour les occidentaux qui voudraient réellement lutter durablement contre les islamistes radicaux de soutenir avant tout l’avancée de la démocratie dans les pays africains, avant d’aller y défendre leurs intérêts personnels.

 

Les priorités de la France au Mali :

 

Actuellement, on peut dire que la France est venue au Mali pour 3 raisons principales :

 

  • Un besoin pour François Hollande de redorer son blason, car il est pris dans un contexte politique et économique difficile ou la France est aux abois, et ne pourra pas tenir ses promesses électorales. Du coup, une main mise par la France sur les richesses du sol malien, en jouant la carte solitaire et le valeureux sauveteur des populations, peut potentiellement relancer considérablement les affaires de François Hollande.

 

  • Il faut éviter pour la France qu’AREVA puisse manquer d’uranium, avec une possible avancée des islamistes dans le Niger voisin, mais aussi en sachant que le sol malien a aussi un fort potentiel de gisement de ce minerais dans la région de Faléa. L’exploitation de l’uranium génère une telle pollution qu’elle est inenvisageable dans un pays démocratique (d’ailleurs les australiens viennent aussi en Afrique pour ce business, malgré le potentiel de leur propre sol en la matière). Et tout ceci combiné avec d’autres intérêts purement économiques que l’on peut sans autre qualifier de néocolonialistes. La France, pour dissimuler les dégâts et les cancers générés dans la mine d’AREVA au Niger, a construit un hôpital pour accueillir les malades, et on fait passer tout ça officiellement pour une montée exponentielle du taux de SIDA (…).

 

  • Et enfin, il faut bien lutter contre le terrorisme islamique, un mouvement inquiétant notamment pour la population de la capitale Bamako ou de nombreux français résident. Mais ici il faut bien comprendre qu’avant de combattre  avec raison de tels mouvements, ces derniers ne servent que d’alibi pour couvrir bien d’autres affaire, sinon le plus efficace aurait été de soutenir le développement du MNLA depuis des années.

 

Pour la 3ème raison, on peut bien entendu légitimer tout combat qui serait mené contre des criminels intégristes. Mais dans le même temps il faut aussi noter que la France soutient aussi l’opposition syrienne, une opposition qui comprend des djihadistes du mouvement Al-Nosra. Mais Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères français, s’empresse de minimiser l’importance de ce groupe dans l’opposition syrienne. Normal, à l’heure d’accueillir une délégation de l’opposition dont la rencontre est prévue le 28 janvier 2013 à Paris (…).

 

L’avenir des maliens, remplacer des enragés islamistes par une nouvelle vague coloniale ? 

 

Ce qu’il faut observer, c’est le manque de réaction de la France sur le terrain suite à la demande du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) faite le lundi 14 janvier 2013, une demande de collaborer avec les forces françaises pour expulser les groupes islamistes armés : Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), un groupe qui n’a plus besoin de sa maison mère Al-Qaïda, quasi disparue ; le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) ; et Ansar Eddine (Défenseurs de l’islamisme radical).

 

Comment la France va donc pouvoir «se passer» du soutien du MNLA ? Un mouvement rebelle autochtone déclaré laïque qui ne va pas forcément faciliter la reprise de toutes «ses petites affaires» dans le Sud du pays. Ce groupe de rebelles est assagit, et ne demande plus l’indépendance absolue de l’Azawad depuis décembre 2012, mais sa relative possibilité d’autodétermination dans un Mali démocratisé. Le problème Touareg, vieux de plus de 30 ans, ne peut se régler durablement et en profondeur qu’en considérant le MNLA comme un partenaire crédible dans cette affaire malienne, et en lui donnant notamment les moyens nécessaires pour éviter son propre éclatement, en travaillant à son renforcement, conditionné au maintien de valeurs démocratiques et laïques qui sont communément partagées.

 

Pour le processus guerrier, la «chair à canon» sera essentiellement composée des forces de rebelles du MNLA, ou plutôt vu la tournure des évènements des soldats de la très officielle CEDEAO (communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Les français vont tout faire pour ne pas devoir trop aller en première ligne, mais la prise de décision compulsive de leur président, par ailleurs chef des armées, et qui a lancé cette opération sans consulter personne, risque de laisser la France bien seule sur le terrain, mais c’est le prix à payer pour mettre la main en priorité sur les richesses du sol malien, et de pouvoir gérer l’information en décrétant les territoires du Nord inaccessibles à la presse internationale. Un risque d’enlisement est donc bien présent dans cette situation, avec des soutiens des pays de l’UE unanimes dans les mots, mais restant bien timides sur le terrain, et ce malgré les gesticulations du député Européen Daniel Cohn-Bendit. Par là, on peut aussi mesurer la faiblesse identitaire et solidaire de cette Union Européenne, qui hélas n’est décidément bonne qu’à organiser et faciliter le pillage interne et externe par les plus grandes transnationales du monde, les entreprises du CAC 40, comme tout ça est triste et pathétique ! Dans l’intervalle on peut déjà dire qu’une intervention armée pour combattre ces groupes intégristes était indispensable, mais que la France a pris une bien curieuse option de vas-en-guerre, gageons que les maliens, agitant avec bonheur des drapeaux français à Bamako, ne payerons pas trop chèrement le prix de ce sauvetage conditionné et marchandé par la France avec leurs dirigeants actuels, totalement illégitimes.

 

Quels enseignements à tirer de la situation actuelle au Mali ?

 

Alors, que retenir pour l’instant de ce conflit malien, pour les maliens? Les putschistes actuellement au pouvoir ne sont pas plus intéressés que ne l’était l’ancien président à remettre de l’ordre dans le Nord du pays, et le MNLA à lui seul ne serait jamais arrivé à bout de ces groupes armés qui se revendiquent d’un Islam radical. Partant, il fallait tout de même bien trouver une solution, pour priver d’un tel territoire ces groupes armés, et les empêcher de se développer, recruter, prospérer, mais il faillait le faire en favorisant un règlement du conflit qui ne ressemble pas à un débarquement néocolonial comme c’est les cas actuellement.

 

La France ne va pas au Mali par pur altruisme désintéressé, mais d’ailleurs l’occident n’a jamais réellement lutté contre l’extrémisme, ou alors seulement par moments et selon les intérêts du jour. Des pays occidentaux qui sont très proches avec le Qatar, mais aussi avec l’Arabie Saoudite, avec des saoudiens qui ont pourtant propagé le wahhabisme, la version la plus radicale de l’Islam, en mettant notamment une puissante pagaille au Pakistan pour lutter contre les soviétiques. Mais ceci dit, sans cautionner ni pardonner, on peut bien expliquer tout ça, le salafiste saoudien qui nous vend son pétrole et nous achète des armes vaut bien mieux que celui qui pose des bombes, même si son idéologie fondamentaliste est la même, soit la promotion d’une Charia avec un lecture et une application des plus barbare, et ce dans le monde entier.

 

Espérons que l’autodétermination du peuple malien et la mise en œuvre d’un processus démocratique pourront se faire dans un avenir proche, mais certains relans de néocolonialisme et le muselage des médias nous rappellent de très mauvaises habitudes, et ça commence ici par cette France qui reste sourde aux appels de collaboration faits par le MNLA, ne manquant pas en toute occasion d’aller même jusqu’à diaboliser ce mouvement, quand on veut tuer son chien, il est toujours pratique de faire croire qu’il a la rage, ainsi le crime peut passer pour une saine opération sanitaire !

 

Frédéric Charpié – Secrétaire national


Date de création : 23/01/2013 @ 22:34
Dernière modification : 23/01/2013 @ 22:34
Catégorie : Papiers de contribution


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